Serendipity

Love things coming out of the blue... love beauty, life, words, silence, writing, people, Balkan culture, Cuba's spirit, sea borders and landscapes, Marilyn Monroe and
Marguerite Duras...
Vous aviez le regard triste, l’expression vide de celui déjà englouti, le regret transpirant à travers chaque pore de votre peau, comme autrefois l’amour fou, le regret de cet amour-là. 

Vous aviez le regard triste, l’expression vide de celui déjà englouti, le regret transpirant à travers chaque pore de votre peau, comme autrefois l’amour fou, le regret de cet amour-là. 

Marilyn photographed by Bert Stern, 1962.

Marilyn photographed by Bert Stern, 1962.

(Source: thebeautyofmarilyn)

“To have survived, she would have had to be either more cynical or even further from reality than she was. Instead, she was a poet on a street corner trying to recite to a crowd pulling at her clothes.” 
Arthur Miller

“To have survived, she would have had to be either more cynical or even further from reality than she was. Instead, she was a poet on a street corner trying to recite to a crowd pulling at her clothes.”

Arthur Miller

C’est une image parmi d’autres. Parmi celles que j’aurai de vous jusqu’à la fin de ma vie. Le silence entre nous, votre regard à cet instant-là, mon coeur qui bat, et soudain le gouffre, la manière - inimitable - dont vous créez la distance, et les efforts que je dois faire ensuite, infinis, pour abolir cette distance voulue par vous, à intervalles réguliers, ces murs que vous construisez.

C’est une image parmi d’autres. Parmi celles que j’aurai de vous jusqu’à la fin de ma vie. Le silence entre nous, votre regard à cet instant-là, mon coeur qui bat, et soudain le gouffre, la manière - inimitable - dont vous créez la distance, et les efforts que je dois faire ensuite, infinis, pour abolir cette distance voulue par vous, à intervalles réguliers, ces murs que vous construisez.

Ali & Steve…

Ali & Steve…

I can write the saddest poem of all tonight.

Write, for instance: “The night is full of stars,
and the stars, blue, shiver in the distance.”

The night wind whirls in the sky and sings.

I can write the saddest poem of all tonight.
I loved her, and sometimes she loved me too.

On nights like this, I held her in my arms.
I kissed her so many times under the infinite sky.

She loved me, sometimes I loved her.
How could I not have loved her large, still eyes?

I can write the saddest poem of all tonight.
To think I don’t have her. To feel that I’ve lost her.

To hear the immense night, more immense without her.
And the poem falls to the soul as dew to grass.

What does it matter that my love couldn’t keep her.
The night is full of stars and she is not with me.

That’s all. Far away, someone sings. Far away.
My soul is lost without her.

As if to bring her near, my eyes search for her.
My heart searches for her and she is not with me.

The same night that whitens the same trees.
We, we who were, we are the same no longer.

I no longer love her, true, but how much I loved her.
My voice searched the wind to touch her ear.

Someone else’s. She will be someone else’s. As she once
belonged to my kisses.
Her voice, her light body. Her infinite eyes.

I no longer love her, true, but perhaps I love her.
Love is so short and oblivion so long.

Because on nights like this I held her in my arms,
my soul is lost without her.

Although this may be the last pain she causes me,
and this may be the last poem I write for her.”

Pablo Neruda

LUI : L’abandon ? … Cet élan qu’il faut ? … Parfois, il faut rester des heures pour se faire oublier ; puis s’oublier à tel point que c’est l’image elle-même qui vient vous chercher… Elle apparaît, vous appuyez…ELLE : Et moi j’étais là, avec toi…LUI : Et vous retombez dans le monde qui vous entoure… C’était pareil avec toi. Boire des journées entières et chercher dans le désordre des villes et des nuits dangereuses, oh oui, chercher résolument, avec cette façon extrême et bornée de vouloir la vérité de l’oubli… Si je te disais qu’il fallait le coeur du coeur, la nuit de la nuit ; qu’il fallait aller derrière ce qui est derrière et que c’était là, pour moi, seulement en touchant ma limite, ma frontière, que j’arrivais à me défaire un peu de ta perte ?ELLE : Tu dis que tu voulais me fuir… Tu dis que j’étais toujours là. Et pourtant, tu dis être parti parce que, même ensemble, même face à moi, il te semblait impossible de me rejoindre, que j’étais déjà perdue ?LUI : Je ne sais pas moi-même… Ce que je te dis là, je me le dis pour la première fois.Laurent Mauvignier” Le lien ” ( Editions de Minuit )

LUI : L’abandon ? … Cet élan qu’il faut ? … Parfois, il faut rester des heures pour se faire oublier ; puis s’oublier à tel point que c’est l’image elle-même qui vient vous chercher… Elle apparaît, vous appuyez…

ELLE : Et moi j’étais là, avec toi…

LUI : Et vous retombez dans le monde qui vous entoure… C’était pareil avec toi. Boire des journées entières et chercher dans le désordre des villes et des nuits dangereuses, oh oui, chercher résolument, avec cette façon extrême et bornée de vouloir la vérité de l’oubli… Si je te disais qu’il fallait le coeur du coeur, la nuit de la nuit ; qu’il fallait aller derrière ce qui est derrière et que c’était là, pour moi, seulement en touchant ma limite, ma frontière, que j’arrivais à me défaire un peu de ta perte ?

ELLE : Tu dis que tu voulais me fuir… Tu dis que j’étais toujours là. Et pourtant, tu dis être parti parce que, même ensemble, même face à moi, il te semblait impossible de me rejoindre, que j’étais déjà perdue ?

LUI : Je ne sais pas moi-même… Ce que je te dis là, je me le dis pour la première fois.


Laurent Mauvignier

” Le lien ” ( Editions de Minuit )